Maniwaki, septembre 2003
Scénario d'un sauvetage
Un travail d'équipe; quand
des vies sont menacées
(S.L.) Pour débuter, il faut
savoir que chaque membre de l'Association de
Sauvetage est équipé d'une pagette vocale qu'il
porte sur lui en permanence; ce système de
pagette est relié directement à la centrale 911
de la région: centre d'appel régional Monique
Charette qui, soit dit en passant, fournit ce
service tout à fait gratuitement à l'ASO
depuis dix ans, service qui est fort apprécié
des membres, car l'ASO aurait beaucoup de
difficulté à se payer de tels moyens essentiels.
Tard dans la nuit, dans une
maison plongée dans un profond sommeil, une
sonnerie retentit; dans ce silence si apaisant,
tous les membres de la famille sont réveillés,
même si seulement une personne fait partie de
l'ASO. Puis un message suit....il y a une
urgence, un accident quelque part, une ou
plusieurs personnes ont besoin d'aide. Le temps
d'enfiler quelques vêtements, et voilà les
membres de l'ASO sont en route pour la caserne
des pompiers de Maniwaki.
Quelques minutes suffisent
pour arriver au quartier général; la Ville de
Maniwaki prête une partie de sa caserne depuis
les tout débuts de l'ASO pour stationner le
véhicule d'urgence et les autres équipements.
Cela sert aussi de point de rencontre pour les
réunions qui se font mensuellement. Le local
constitue une aide primordiale, sans cela les
membres ne sauraient être aussi efficaces.
Les membres disponibles
arrivent donc les uns à la suite des autres, on
sort le véhicule d'urgence et les six premiers
membres arrivés (seulement six places dans le
véhicule) ne font plus qu'un; les voilà partis
en direction de l'endroit où leurs
services de sauveteur bénévoles sont requis.
Les autres membres qui sont
arrivés par la suite, oui qui n'ont pas eu de
place dans le véhicule, se déplacent bien
souvent avec leur véhicule personnel, et c'est
eux-mêmes qui défraient les coûts reliés à ce
déplacement. C'est pour cela que quelquefois,
vous rencontrez des voitures avec une plaque
d'immatriculation orange à l'avant; ce sont les
membres de l'ASO qui se rendent sur les lieux
d'une urgence.
Pendant le trajet vers
l'accident, les membres à l'intérieur du
véhicule sont survoltés d'adrénaline en espérant
que ce ne soit pas trop grave; bien des choses
se passent dans le van, on décide lequel prendra
les commandes de l'opération, on l'appelle le
"casque blanc", c'est alors lui le premier à
aller au-devant de la tragédie, pour ensuite
décider les stratégies, les outils et la façon
la plus rapide de sortir les victimes, couper le
toit, soulever l'automobile ou arracher les
portières. La meilleure façon et la plus rapide,
la plus sécuritaire pour les accidentés,
rapporte un des membres bénévoles de l'ASO.
Il faut absolument qu'à
l'intérieur de l'heure qui suit l'accident, on
soit arrivé sur les lieux, on ait sorti ou
dégagé la ou les victimes après leur avoir donné
les premiers soins, ou permis aux ambulanciers
de le faire, et que ces derniers aient pu les
transporter au centre hospitalier le plus
proche. C'est toujours la première heure qui
décide de tout: la survie, les séquelles,
le coma... Sur les lieux, les policiers et les
ambulanciers font immédiatement de la place aux
secouristes de l'ASO.
Tout le monde à un travail à
faire, et il le connaît très bien. Les policiers
font ce qu'il faut pour éviter que l'accident
n'en provoque d'autres, et pour éloigner les
curieux, en régularisant la circulation. Les
ambulanciers apportent les premiers soins
pendant que les sauveteurs bénévoles s'attaquent
à la carcasse du véhicule pour libérer le plus
vite possible les blessés.
À la fin de l'opération, vous
pouvez apercevoir les membres bénévoles de l'ASO
qui se félicitent entre eux pour les gestes
accomplis qui ont permis de sauver encore une
fois d'autres vies. On nettoie l'équipement, on
le replace dans le véhicule pour qu'il soit prêt
à servir encore une fois, pour un autre
sauvetage dont on ignore l'emplacement, le genre
de voiture, la date, l'heure et même le genre
d'urgence qui demandera la présence des membres:
accident de voiture, de VTT, de motoneige,
sauvetage nautique, recherche en forêt, etc.
De retour à la caserne,
chacun s'en retourne à la maison pour finir
cette nuit de sommeil avec la satisfaction
d'avoir fait son possible pour sauver d'autres
vies; les sauveteurs s'assoupissent, mais en
restant toujours prêt à recommencer. L'aurore
arrive vite pour ces gens, qui tout comme vous
doivent aller travailler pour gagner leurs vies.
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