Maniwaki, vendredi 30
novembre 2001
Cette
Indispensable Association de Sauvetage
Maniwaki - Les organisateurs
de l'ex-rallye du lac 31-Milles de Ste-Thérèse
s'étaient habitués au professionnalisme de notre
indispensable Association de sauvetage de
l'Outaouais, la section Mike, la seule à
survivre sur tout le territoire de l'Outaouais.
Sa capacité à prendre en
charge la sécurité complète d'un groupe de 500
sportifs sur quad (...pas toujours très
disciplinés...) épatait infailliblement les
promoteurs de chaque événement quad printanier.
D'autres organisateurs d'événement ont également
fait appel à l'ASO pour les même raisons de
sécurité et ils soutiennent avoir été tout
autant épatés de son professionnalisme.
Mais ils sont beaucoup plus
rares ceux et celles qui ont connu le privilège
d'observer la même ASO en pleine adrénaline
d'une intervention professionnelle, auprès des
blessés emprisonnés dans la ferraille de leur
voiture tordue par l'impact d'une collision.
C'est un peu dommage...
Certains ont été témoins
d'une telle intervention demeurent véritablement
surpris, frappés surtout d'un coup par la
nécessité de conserver avec nous, sur le
territoire, une association aussi importante que
la nôtre. Le spectacle pathétique de blessés,
immobilisés dans des amas de ferraille,
rattachés par le seul lien de l'espoir de voir
accourir au plus vite "les gars de l'ASO" pour
les libérer de leur mauvaise posture, ça vous
prend aux tripes et vous fait comprendre ou vous
rappelle que la vie est bien fragile et que les
liens humains et professionnels demeurent
essentiels dan toute société et pour tout
individu.
J'ai vécu, il n'y a pas si
longtemps, ce privilège de compléter mes
connaissances sur le savoir-vivre de notre
indispensable association de sauvetage. J'ai
observé à l'oeuvre ceux que des blessés ont
nommé leurs "sauveurs". Et il s'agit de voir un
blessé incapable de bouger, pris en sandwich
entre son siège et le tableau de bord, pour
comprendre les raisons qu'il a de parler de
sauveurs.
On souhaite alors vivement
que de tels spécialistes soient le plus
rapidement présents sur les lieux de l'accident
qui pourrait nous coincer aussi sournoisement
entre le volet et le siège de la voiture. Mais
comme les accidents ne concernent que les
autres...on oublie, on ne se place pas dans la
peau d'un blessé. Alors, il faut voir pour
sentir qu'un jour pourrait être ce sera notre
tour..
Lors de l'accident qu'il m'a
été donné d'observer, sans beaucoup d'aise,
croyez-moi, cet accident qui a bloqué la route
que j'empruntais, il fut noté qu'en moins de dix
minutes presque tous les gens de l'ASO étaient
successivement arrivés sur les lieux, avec leur
véhicule de secours, leur matériel de survie et
leur rapidité calme de sauveteurs qui en ont vu
bien d'autres.
Sous la gouverne des
ambulanciers qui dictaient en quel ordre les
sauveteurs devraient intervenir auprès des
blessés emprisonnés dans les carcasses démolies
des voitures, on a vu l'ASO manier avec art le
matériel de désincarcération, les pinces de
survie capables de couper les pièces métalliques
qui gardaient captifs les malheureux voyageurs.
L'opération s'est déroulée
proprement, dans le respect le plus total des
blessés, et des règles de l'art. C'est en ces
moments-là que l'on croit que tous devraient
avoir au moins une fois dan leur vie le malaise
de voir se dérouler de telles manoeuvres. Mais,
s'il n'est absolument pas recommandables de se
masser sur les lieux d'un accident, à titre de
spectateurs passifs et encombrants, il serait
par ailleurs souhaitable que chaque gouvernant
local et régional, chaque décideur public
observe une telle scène au moins une fois dans
sa vie. Le financement des activités de ce
groupe de sauveteurs en serait grandement
facilité.
Chacun d'eux se dirigerait
alors avec enthousiasme et célérité (dans la
voiture qui l'emprisonnera peut-être un jour...)
aux abords du pont où l'ASO fait quelquefois
appel à la générosité de la population. Mieux:
chacun aiderait davantage à la collecte de fonds
traditionnelle de cet organisme. Personne ne
porterait plainte contre la façon de faire une
collecte sur un pont...
On sait que le matériel
spécialisé s'avère fort coûteux à l'achat et
très dispendieux à l'entretien. Rien de matériel
ne dure éternellement, même matériel qui sauve
des vies. Il y a quelque temps, les pinces de
survie ont coûté quelque 4 600$ dollars de
réparation. Or en ce domaine, l'aide financière
des gouvernements demeure insuffisante, voir
minime. Pour des pinces de survie, des couteaux,
des compresseurs, des ballons et des véhicules
de secours.
Mais l'ASO tient bon, avec la
contribution de la population et des média. Les
collectes de fonds permettent aux
accidentés de savoir que toujours une
association répondra à l'appel après des minutes
qui apparaissent des heures en de tels moments.
Il demeure toutefois bien
étrange que cette ASO bénévole indispensable
doive quêter, quémander régulièrement les dons
qui lui donnent la possibilité de travailler à
sauver des vies. C'est peut-être pour une raison
semblable que les soeurs jumelles de l'ASO,
réparties en Outaouais, ont décidé de ne pas
survivre...
Retour aux Articles
de Journaux
